décembre 1, 2022
Accueil » A-t-on honoré l’incommensurable dette envers nos martyrs ?

La célébration de la fête de la Révolution nous interpelle quant au lègue de nos martyrs. Nous devons nous demander, si par rapport à leurs sacrifices, nous avons pu être à la hauteur de prendre soin de cette chère Algérie qu’ils nous ont confiée (Lamana) ! Leurs âmes sont-t-elles en paix, ou bien elles ne le sont pas encore ?

En ce jour de fête qui marque le déclenchement de la guerre de libération, il nous appartient de faire une bonne escale, regarder vers le passé, bien scruter le présent et nous projeter vers l’avenir.

Pour être honnêtes avec nous même, nous devons reconnaître que nous n’avons pas bien pris soin de cette valeureuse patrie qu’ils nous ont confiée après l’avoir arrachée des mains de l’ennemi en la payant de leurs vies.

Nos jeunes rêvent encore d’un ailleurs

Soixante ans après l’indépendance, nos jeunes rêvent encore d’un ailleurs, plutôt que d’être retenus par la terre qui les a vus naître. Ils sont physiquement ici et moralement, quelque part là bas. A la place de travailler, ils conjuguent beaucoup plus le verbe partir.

En étant potentiellement partants, ils ne peuvent, évidemment, se donner la peine d’améliorer leur milieu, qu’ils considèrent comme temporaire, puisque leur avenir ils le projettent quelque part dans l’inconnu. C’est ce qui explique le laisser aller, l’insalubrité de notre environnement.

Nous n’aimons pas notre pays

Au lieu de chercher à s’enraciner encore davantage, dans cette terre où nous avons poussé, nous la considérons comme un passage vers une autre terre qui ne peut, en aucun cas, être la notre. Avouons-le, nous n’aimons pas notre pays, autrement, jamais l’idée de le quitter pour un autre, ne pourrait traverser nos esprits.

Et si nous l’aimions, nous n’oserions jamais le salir. Et pourtant, notre dette envers ceux qui nous l’ont légué est si considérable que seul notre amour peut la combler. Mais, pourquoi nous ne l’aimons pas et qui doit semer les graines de cet amour ?

A qui incombe la faute ?

Partant du principe que nous sommes tous des enfants de nos chouhadas, est-t-il logique que nous aspirions à quitter la terre qu’ils nous ont léguées, au lieu de la travailler, l’entretenir et l’épanouir ? Evidemment, aucun bon sens ne peut approuver un tel état de fait. Et pourtant, à son corps défendant, le bon sens est contredit par la réalité.

Notre chère patrie, chèrement payée, propulse ses enfants vers l’extérieur au lieu de les retenir. A qui incombe la faute ? C’est toute une hiérarchie de responsabilités. Des gouvernants au plus petit chef de famille. Evidemment, tout est en rapport au pouvoir de décision.

Nous mettre devant nos consciences…

Donc, en se servant de cette journée comme repère, il est plus qu’indispensable de nous mettre devant nos consciences, chacun à son niveau et à chacun ses compétences, en nous posant la question : « A-t-on honoré l’incommensurable dette envers nos chouhadas ? ».

Evidemment, c’est loin d’être le cas. Faisons en sorte que « L’Algérie mon amour » soit traduit et visible sur le terrain. Surtout, n’omettons pas d’avoir une pensée des plus profondes aux victimes de la regrettable et douloureuse décennie, qui ont prolongé le combat de leurs aînés, chacun à sa façon.

Illogique de méconnaître les morts,
S’étant donnés pour que vive la patrie.

Omettre de les citer est un tort,
Leurs valeurs dépassent tous les prix.

Hommage à leur courage si fort.
Hommage à leurs parents, veuves et enfants aussi.

Nulle conscience n’égale celle des morts pour la patrie.
Une guerre sans saccages, manque de sens,

Et sa cessation ne signifie pas confort.
Après elle, une autre guerre commence,

Dont le sacrifice est intense et fort.
Pour parfaire et bien asseoir notre indépendance,

Cessons d’attacher à l’autrui notre sort
Récupérer ses biens, c’est l’idéal, les délaisser, c’est infidèle.

Entre la paix et la guerre,
La différence est de grande taille,

C’est comparer un champ en jachère
A un jardin où les fruits se chamaillent.

Nous devons être contents et fiers.
Etre satisfait, peut engendrer des failles.

Qui dit jour, dit nuit dissoute.
Tout se fait entre algériens,

A l’école, dans l’administration, à l’hôpital…
C’est par un langage commun

Que le gouvernant et le gouverné se parlent.
Si hier, nous étions traités de vauriens,

Aujourd’hui, nous tenons le croissant et l’étoile.
A nous de les placer haut dans le ciel.

Un million et demi de martyrs
Est, à notre mémoire, un indice.

C’est un nombre qui doit nous unir
En nous rappelant leur sacrifice.

Leur âme, ne cessera jamais de nous dire :
« Il ne faut pas que notre honneur se salisse. »

L’ingratitude obstrue les chemins de la bénédiction.

Annaris Arezki

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *