février 1, 2023
Accueil » Azeffoun, ville d’art et d’artistes, une fleur en attente d’éclosion…

Connue comme ville d’art et d’artiste pour avoir enfanté des figures emblématiques du monde culturel, Azeffoun demeure en deçà des attentes de ses enfants. Cette belle région côtière de l’Algérie, qui a tous les atouts ; mais sans culture, elle est telle une fleur qui attend son éclosion…

Entre le nom d’une fleur, celui d’un poisson et celui de la rencontre des vents, la signification du terme : « Azeffoun», oscille. Certains optent pour le premier, d’autres pour les deux autres. Moi, quoique la mer qui borde cette ville n’est pas  pauvre en poissons et n’empêche pas les quatre vents de s’y rencontrer, je préfère l’acception du terme fleur.

Les romains l’ont appelé Ruzasus, les français Port Guedon, mais le nom originel résistant au temps et au colonialisme, parce que il n’a jamais quitté la mémoire de ses authentiques enfants, reprend sa place à chaque indépendance. L’épanouissement de cette fleur a tardé à venir car, quelque part il y avait manque d’ingrédients.

Azeffoun, commune démunie

Ces ingrédients, confisqués par on ne sait qui, n’arrivaient pas à trouver la main du bon jardinier. Azeffoun, malgré sa nature touristique (30 Kms de côte au moins), et sa situation géographique (clé entre les wilayas de Béjaia et Tizi-Ouzou), occupe le rang des communes les plus démunies.

Telle une mère qui nie sa progéniture, auparavant, elle ne laissait jamais ses unités économiques prendre de la longévité. Des trois unités économiques qu’elle a connues, avant l’entrée en vigueur du libéralisme et de la démocratie, aucune d’elles n’a pu garder son identité initiale.

Un autre espoir est né à Azeffoun

C’est en siège de daïra qu’a été transformée l’unité de pêche. L’usine de fabrication de bouchons de pipes s’est transformé en souk el fellah, puis en siège de la sécurité nationale (police). L’entreprise communale des travaux de bâtiment n’a pas atteint l’âge de dix ans lorsqu’elle a déposé son bilan.

Un autre espoir est né à Azeffoun, dont le berceau est le port. Entamées juste après l’indépendance, les semailles n’ont pu donner les premiers germes qu’en 1989. C’est à une entreprise nationale, Sonatram, qu’est revenu l’honneur de réaliser ce vœu, en démarrant les travaux du port en 1989.

Permette à notre fleur de libérer ses pétales

Ce port sera la source du développement de notre commune, espéraient les Azeffouniens. Il permettra à notre fleur de libérer ses pétales en quelque sorte. Actuellement, ce port est opérationnel, mais il est loin de remplir l’espoir qu’il a suscité au début de ses travaux.

Il ne permet ni le déchargement de la marchandise importée, ni le chargement de la marchandise exportée. Et les Azeffouniens qui veulent voyager par mer sont obligés, comme d’habitude, de le faire à partir d’Alger ou de Bejaia. Mais, en tant que port de pêche, il remplit convenablement son rôle. C’est une fonction importante quand même.

Aucune unité de production étatique

Actuellement, aucune unité de production étatique n’existe au niveau de la commune. Dans la zone destinée à l’activité, on y trouve : une usine de fabrication de biscuits (Biscal), une unité assurant la fabrication et la réparation navale… A sept kilomètres à l’ouest du chef lieu de la commune, au lieu dit “Taghza Lebhar“, est érigé un parc d’aquaculture, qui, semble-t-il, serait à l’arrêt après avoir fonctionné pendant une certaine durée.

En matière d’infrastructures hôtelières, Azeffoun est doté de certains hôtels dont le nombre, si sa nature touristique était rationnellement exploitée, resterait insuffisant. Concernant les établissements scolaires, outre les écoles primaires, existant dans la quasi-totalité des villages de la commune, Azeffoun compte aussi des collèges d’enseignement général, des lycées et un centre de formation professionnelle.

En matière de santé, à l’ancien hôpital existant depuis l’ère coloniale, et quelques unités de soin, implantées dans certains villages, s’ajoute un hôpital de 60 lits.

Le tourisme s’invite d’une manière automatique

Parler d’Azeffoun sans parler de pêche, c’est évoquer la mer sans penser à l’eau et au poisson qui y baigne. Effectivement, depuis la reconstruction du port, des pêcheurs de métier y exercent  leur fonction d’une manière convenable. Du poisson y est proposé dans toute sa variété. De la sardine à la crevette en passant par l’espadon.

En évoquant la mer, le tourisme s’invite devant l’imagination d’une manière automatique. En effet, Azeffoun, littorale qu’elle est (pas moins de 30 km de côte), attire  de nombreux visiteurs en été. Ils viennent de toutes les régions du pays. Faute d’infrastructures, en quantité suffisante, les touristes d’autres nationalités (le terme étranger est caduc) sont très rares.

Le tourisme et la culture si proches

Beaucoup d’estivants algériens, habitant loin d’Azeffoun et voulant y passer leurs vacances en familles, hébergent chez des particuliers moyennant location ou bien dans les camps de toile qu’un privé installe pour la circonstance. Le nombre de places disponibles dans les hôtels existants ne peuvent pas répondre à l’intense demande estivale. Quoiqu’en hiver, il y a plus de chambres vides que d’occupées.

Le tourisme et la culture étant si proches, qu’on peut considérer l’un pour l’autre, on ne peut pas citer Azeffoun sans penser à ses artistes et hommes de culture. Nombreux qu’ils sont, il est préférable de ne pas citer de noms, pour éviter l’omission.

Allier l’utile à l’agréable

Concernant les infrastructures culturelles, on y trouve : une salle de fêtes, héritée du colonialisme (butin de guerre pour paraphraser le grand Kateb Yacine) ; un centre culturel baptisé au nom de Tahar Djaout ; une auberge de jeunes ; une bibliothèque de proximité. Quant à leur exploitation, elle n’est pas celle que l’on souhaite.

Pour ce qui est du sport, Azeffoun est dotée d’un terrain de football communal où évolue l’équipe locale ESA (Etoile Sportive d’Azeffoun). Juste à côté de ce stade se trouve une salle omnisports où doivent se pratiquer diverses activités sportives. Pour un touriste qui veut allier l’utile à l’agréable, il peut visiter les sites archéologiques se trouvant à Azeffoun Haut et au village Ait Rehouna.

L’environnement est diversement pollué

Peut-on parler de culture, d’art et de tourisme, quand l’environnement est diversement pollué ? A l’instar de tout le pays, pour ne pas dire plus, les déchets, au niveau d’Azeffoun, nécessitent une gestion très rigoureuse. Le ramassage d’ordures ménagères n’étant plus assuré au niveau des villages, les décharges publiques se créent anarchiquement le long des diverses routes.

Même les estivants sont ingrats envers la mer qui leur procure le plaisir et le repos durant la période de chaleur. Ils y atterrissent avec des contenants pleins de victuailles et repartent en laissant les vides joncher les rives en attendant de rejoindre le large et le fond des eaux. Faut-il une police de plages à la place des consciences des gens ?

Azeffoun, en attente  d’éclosion…

Pour que cette commune mérite le qualificatif de ville d’art et d’artistes, il appartient aux autorités d’encourager les activités artistiques et culturelles. Ainsi, les jeunes en s’occupant positivement, auraient l’occasion de développer leurs dons, s’éloigneraient des fléaux modernes (drogue, alcool.) et serviraient de courroie de transmission de la culture pour les générations futures.

Sans culture, Azeffoun ne quittera jamais le début de son éclosion. Mais si la culture est prise en considération, elle a tous les atouts pour bien éclore et devenir une jolie fleur.

Annaris Arezki

1 thought on “Azeffoun, ville d’art et d’artistes, une fleur en attente d’éclosion…

  1. A mon avis, le mal vient du laxisme de ses enfants, en premier lieu, les élus de l’apc , ne remplissent pas leurs missions convenablement, après leur élection, toutes les promesses faites lors des compagnes électorales, restent des paroles vides.

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