mai 18, 2024
Accueil » “Nna Гni”, c’est ce qu’attendait la littérature amazighe !

“Nna Гni” de Djamel Laceb (Imtidad, 2019) un roman dont le voeu est celui de continuer de résister, et surtout d’exister, par la parole et la magie du verbe. Un hommage aux personnes qui ont transmis l’amour pour la langue, pour la poésie, pour l’art et la beauté. Un véritable voyage linguistique et culturel sous le regard bienveillant de… Nna Ghenima ! 

Lorsque vous lisez “Nna Гni”, vous vous sentirez comme l’un des ses personnages ,vous vous verrez entre le passé et le présent de notre histoire. Il vous fera voyager à Bir Lâater, jusqu’au tombeau de Kahina, et tenir tête à tous ceux qui ont voulu effacer notre identité.

Loin de la littérature, le roman de Djamel Laceb combine la linguistique amazighe avec ses différents dialectes :
Rendre hommage à Nna Гni c’est aussi rendre hommage à la langue berbère, car Laceb était capable de combiner un lexique différent entre les régions de tamazgha. Une richesse vocabulaire, qui nous fait connaître notre langue sur ses différentes dimensions.

Un équilibre linguistique

Cela nous permet d’étudier les dimensions du langage dans ses différentes approches. La langue amazighe est une arène linguistique,qui peut rendre difficile pour certains l’emploi de tous les dialectes en même temps, soi sur le plan syntaxique, phonétique…etc.

Djamel Laceb a pu combiner ces dernières, où l’on retrouve un équilibre linguistique (amazighe). La plupart du parlé est de la région de Tizi ouzou, et cela est dû à l’origine de l’écrivain, mais cela ne l’a pas empêché d’employer quelques mots pris d’autres dialectes comme le Chaoui, le kabyle de Bejaia (plus précisément, tasahlit et tabjaouit), tamahaqt…etc ; dahi/daki (ici), ilkel (tous), age3mir (grand), sullen sullen (beaucoup), aydi/aqjun (chien )…etc.

Penchant pour diverses langues étrangères

On retrouve également les penchants de l’écrivain pour diverses langues étrangères, et cela exprime son amour et son acceptation de diverses langues et leur utilisation dans ses écrits, exemple : wa 3alaykoum ssalam, wa rahmatu Llahi, do you speak english ? Sprichst du deutsch ? Il connaît ma mère ! Ssalamu 3alaykum,la boulangerie…etc

Le roman de Djamel Laceb a permis à la littérature amazighe de se hisser aux rangs internationaux concurrençant la littérature étrangère moderne. A travers “Nna Гni”, il s’inscrit dans cette démarche de transmission de sa culture aux autres à travers ses symboles, ses mythes et sa langue venue du fin fond des âges…

Ouverture sur les autres cultures

Avec son roman, il rend hommage à une femme de son entourage au village, Ghenima, qu’on appelle “Nna Гni”… Très ouvert sur les autres cultures, Djamel Laceb ne se lasse jamais de débattre, parler, échanger, philosopher en kabyle pour l’enrichir et la promouvoir.

Djamel Laceb, enseignant de physique au collège, passionné de cinéma et de la littérature, écrivain de presse. Il a eu le premier prix scénario au festival du film d’Agadir en 2009 pour le film “Yir abrid”. Il a traduit le livre de Mouloud Mammeri “Le sommeil du juste ” en tamazight sous le titre “Taguni n win ighezzan”.

Il a écrit un livre sur “Yennayer patrimone de l’humanité ” et un ensemble des textes “Escapades en terre amazighe”. “Nna Гni”, son dernier roman, a eu le “Prix Assia Djebar” du meilleur roman en langue amazighe pour l’année 2019.

Louiza Moualek

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